Le 21 juin marque la Journée nationale des peuples autochtones au Canada, une journée de reconnaissance et de célébration des Premières Nations, des Inuits et des Métis, dont les cultures, les contributions et le patrimoine façonnent ce pays depuis des milliers d’années. Pour 3DCentral, qui exerce ses activités à Laval, au Québec, sur un territoire autochtone traditionnel, cette journée revêt une importance toute particulière. Elle invite à réfléchir à la façon dont les technologies de fabrication numérique comme l’impression 3D croisent les traditions artistiques autochtones, les efforts de préservation culturelle et l’expression créative contemporaine.
Ce n’est pas une journée pour les opérations marketing ou les lancements de produits thématiques. C’est une journée pour s’engager avec réflexion sur des questions qui comptent : comment les outils numériques peuvent-ils servir la préservation culturelle? À quoi ressemble une collaboration respectueuse? Comment les artistes et les communautés autochtones utilisent-ils les nouvelles technologies à leurs propres conditions? Ces questions méritent une exploration honnête.
Technologies numériques et préservation culturelle
La numérisation 3D comme outil de documentation
Partout au Canada, des institutions culturelles ont recours à la numérisation 3D pour créer des archives numériques précises d’artéfacts, d’outils, d’objets cérémoniels et d’œuvres d’art autochtones. La photogrammétrie haute résolution et la numérisation à lumière structurée captent la géométrie de surface, la texture et les détails de couleur avec une précision inférieure au millimètre. Ces archives numériques servent de copies de sauvegarde pour les objets fragiles, permettent l’étude à distance par des chercheurs et des membres des communautés qui n’ont pas accès aux collections physiques, et créent des fonds qui survivent à la dégradation des matériaux organiques.
Le Musée canadien de l’histoire, le Musée royal de l’Ontario ainsi que des institutions régionales partout au Québec et au Canada ont entrepris des projets de numérisation en partenariat avec des communautés autochtones. L’élément déterminant de chaque projet réussi est que les communautés autochtones gardent le contrôle sur la façon dont leurs objets culturels sont documentés, sur qui a accès aux archives numériques et sur la manière dont elles peuvent être utilisées. La technologie est au service des priorités des communautés, et non l’inverse.
Le soutien au rapatriement
La numérisation et l’impression 3D jouent un rôle concret dans les efforts de rapatriement culturel. Lorsque des communautés réclament le retour d’objets conservés par des institutions éloignées, la numérisation 3D fournit une documentation détaillée avant le déplacement des objets. Dans certains cas, les institutions conservent des répliques imprimées en 3D fidèles à des fins d’exposition éducative tout en retournant les pièces originales à leurs communautés d’origine. Cette application de la technologie sert directement les objectifs de réconciliation.
Préservation de la langue et des savoirs
Au-delà des objets physiques, la fabrication numérique soutient une préservation culturelle plus large grâce à du matériel éducatif tactile. Des cartes topographiques imprimées en 3D représentant des territoires traditionnels, des maquettes physiques de formes architecturales traditionnelles et des représentations tangibles de récits culturels deviennent des outils pédagogiques qui complètent la tradition orale et la documentation écrite. Ce matériel soutient les programmes de langues autochtones et les initiatives d’éducation culturelle dans des communautés partout au Canada.
Les artistes autochtones contemporains et le design numérique
Un mouvement en pleine croissance
Partout en Amérique du Nord, des artistes autochtones adoptent les outils de design numérique, dont la modélisation et l’impression 3D, dans le cadre de leur pratique créative. Ces artistes n’abandonnent pas les esthétiques traditionnelles lorsqu’ils s’emparent d’outils numériques. Ils prolongent plutôt les principes de design culturels dans de nouveaux médiums. Des motifs géométriques inspirés du perlage traditionnel, des formes dérivées de la sculpture traditionnelle et des motifs ancrés dans des récits culturels trouvent une nouvelle expression à travers la modélisation paramétrique et la fabrication additive.
Il ne s’agit pas d’une technologie qui remplace la tradition. C’est la tradition qui évolue par la technologie, comme elle l’a fait tout au long de l’histoire humaine. Chaque matériau et chaque outil que les artistes autochtones ont utilisés, de la pierre à l’os, du métal aux pigments synthétiques, a un jour été une nouvelle technologie. La fabrication numérique est la plus récente dans un continuum d’adaptation créative.
La souveraineté en matière de design
Le concept de souveraineté en matière de design est central dans l’engagement autochtone envers la fabrication numérique. Il signifie que les communautés et les artistes autochtones conservent le contrôle sur la façon dont les designs traditionnels, les motifs et les expressions culturelles sont utilisés dans des contextes numériques. Cela inclut les décisions concernant les designs qui se prêtent à une reproduction numérique, les personnes qui peuvent accéder aux fichiers numériques et la manière dont les reproductions physiques peuvent être distribuées.
La souveraineté en matière de design s’oppose à l’appropriation culturelle, où des éléments de l’art autochtone sont utilisés sans permission, sans compréhension et sans bénéfice pour la communauté d’origine. Respecter cette souveraineté, c’est ne pas utiliser de motifs autochtones sans permission explicite et sans partenariat, peu importe que la technologie en facilite ou non l’utilisation.
La position de 3DCentral : le respect plutôt que l’exploitation
Ce que nous ne faisons pas
3DCentral ne produit pas de designs à thématique autochtone, de motifs culturels spécifiques ni d’articles inspirés des traditions artistiques autochtones sans partenariat autochtone explicite. C’est un choix délibéré et fondé sur des principes. La facilité avec laquelle les logiciels de modélisation 3D peuvent reproduire n’importe quelle forme visuelle ne donne pas la permission d’utiliser cette capacité sans égard à la propriété culturelle.
Le catalogue de notre boutique, qui compte plus de 4 000 designs, puise dans nos créations originales et dans notre communauté d’artistes, dont des designers comme Cinderwing3D, McGybeer, Zou3D et Flexi Factory. Aucun de ces designs ne s’approprie d’éléments culturels autochtones, et nous maintenons cette norme à mesure que notre catalogue grandit.
Ce qu’exigerait une collaboration respectueuse
Si 3DCentral devait développer des produits à thématique autochtone à l’avenir, cela ne se ferait que dans le cadre d’un partenariat direct et équitable avec des artistes et des communautés autochtones. Cela suppose une direction créative autochtone sur les designs, la propriété ou la copropriété autochtone de la propriété intellectuelle, un partage des revenus significatif et l’approbation de la communauté quant à la façon dont les pièces sont commercialisées et présentées. Tout ce qui se situe en deçà de cette norme constituerait de l’appropriation, peu importe les bonnes intentions.
Le mouvement maker et les communautés autochtones
Les ateliers de fabrication communautaires
Partout au Canada, des ateliers de fabrication (makerspaces) et des laboratoires de fabrication dans les communautés autochtones donnent accès à l’impression 3D, à la découpe laser, au fraisage CNC et à d’autres outils de fabrication numérique. Ces espaces soutiennent l’entrepreneuriat local, l’éducation culturelle et l’expression créative. Ils fonctionnent selon les conditions et les priorités des communautés, au service des besoins locaux plutôt que des demandes de marchés extérieurs.
Des occasions économiques
L’impression 3D offre aux artistes et aux entrepreneurs autochtones une voie à faible barrière pour produire et vendre des biens physiques. Une imprimante 3D, un ordinateur et des compétences en modélisation permettent à un artiste de concevoir, de prototyper, de produire et de vendre son travail sans l’investissement en capital qu’exige la fabrication traditionnelle. Pour les exploitants de fermes d’impression dans les communautés autochtones qui souhaitent bâtir des entreprises de production, des ressources comme la licence commerciale offrent un modèle parmi d’autres pour accéder à des catalogues de designs prêts pour la production, même si des catalogues de designs détenus par des Autochtones et au service de leurs propres communautés représentent une approche mieux alignée.
Le patrimoine autochtone du Québec
3DCentral exerce ses activités à Laval, au Québec, sur des terres à la profonde histoire autochtone. La vallée du Saint-Laurent abrite des peuples autochtones depuis des milliers d’années. Les Kanien’keha:ka (Mohawks), les Wendat (Hurons-Wendat) et les Abénakis, parmi d’autres, ont façonné le paysage culturel de cette région. Reconnaître cette histoire n’est pas une simple formalité. C’est la reconnaissance des relations continues entre les communautés autochtones et non autochtones, des relations qui doivent guider la manière dont des entreprises comme la nôtre exercent leurs activités.
Apprenez-en davantage sur les valeurs de 3DCentral et notre engagement envers une fabrication responsable sur notre page À propos.
Aller de l’avant avec intention
La Journée nationale des peuples autochtones est une occasion de réflexion, d’éducation et d’engagement. Pour quiconque œuvre dans la fabrication numérique, que ce soit comme passionné ou comme exploitant de production, cette journée nous invite à réfléchir à la façon dont notre travail s’inscrit par rapport aux communautés et aux cultures qui nous entourent. La technologie que nous utilisons est puissante et polyvalente. Le cadre éthique que nous lui appliquons détermine si cette puissance crée des retombées positives.
Soutenir les artistes autochtones, respecter la propriété culturelle et aborder d’éventuelles collaborations avec humilité et dans un véritable esprit de partenariat ne sont pas des contraintes à la créativité. Ce sont des expressions des valeurs qui donnent un sens au travail créatif.
Foire aux questions
Q : Est-ce que 3DCentral vend des designs imprimés en 3D à thématique autochtone? R : Non. 3DCentral ne produit pas de designs inspirés des traditions artistiques ou des motifs culturels autochtones sans partenariat autochtone explicite. Notre catalogue présente des designs originaux et des œuvres d’artistes de la communauté comme Cinderwing3D, McGybeer et Zou3D. Tout produit futur à thématique autochtone ne serait développé que dans le cadre d’une collaboration directe et équitable avec des artistes et des communautés autochtones.
Q : Comment l’impression 3D est-elle utilisée pour la préservation culturelle autochtone au Canada? R : Des institutions culturelles canadiennes utilisent la numérisation 3D pour créer des archives numériques d’artéfacts autochtones à des fins de préservation et de recherche, toujours sous la direction et le contrôle des communautés autochtones. L’impression 3D appuie les efforts de rapatriement en créant des répliques pour l’éducation en institution, pendant que les objets originaux retournent à leurs communautés d’origine. Du matériel éducatif tactile produit par impression 3D soutient également les programmes de langues et d’éducation culturelle autochtones.
Q : Que signifie la souveraineté en matière de design dans le contexte de l’impression 3D? R : La souveraineté en matière de design désigne le fait que les communautés et les artistes autochtones conservent le contrôle sur la façon dont les designs traditionnels, les motifs et les expressions culturelles sont utilisés dans la reproduction numérique et physique. Cela signifie que même si un logiciel de modélisation 3D peut techniquement reproduire n’importe quelle forme, la capacité de le faire n’en donne pas la permission. Une pratique respectueuse exige une permission explicite et un partenariat équitable avant d’utiliser des éléments culturels autochtones dans tout contexte de fabrication.